Les pâquis : «Je suis un dealer et je continuerai à dealer»
Un trafiquant de coke a accepté de témoigner après la dernière rafle de police dans le quartier.
Vendredi, 22 h 30. Le dernier fourgon de la gendarmerie quitte les Pâquis par la rue de Monthoux. A son bord, cinq gendarmes visiblement satisfaits. Leur descente dans le quartier chaud a conduit à 92 arrestations.
Toutefois subsiste, sur le trottoir, un rescapé de la rafle. Casquette vissée sur la tête, ce Libérien de 1,80 m, manifestement éméché et en colère, est interpellé par une équipe de la TSR. «Oui, je suis un dealer», clame-t-il en anglais face à la caméra. J’ai deux boulettes de coke dans une poche et 25g d’herbe dans l’autre.» Il n’ira pas jusqu’à montrer la drogue à la télévision, mais il n’aura aucun scrupule à l’exhiber, un peu plus tard, à la table d’un bistrot de la rue de Fribourg, comme pour montrer sa bonne foi et son courage. S’il a esquivé le coup de filet du soir, il n’a pas échappé à celui de mercredi. «Il m’ont retenu six heures au poste. A ma sortie, je suis revenu directement ici. Back to the office», ironise-t-il en pointant l’angle des rues de Neuchâtel et de Monthoux.
Et en effet, le «bureau» se remplit de nouveau à mesure des minutes qui s’égrènent. Ses collègues sont de retour. «Les flics nous connaissent et nous les connaissons aussi. Nous guettons leur arrivée. Je parie qu’ils ne vont rien trouver ce soir», lance-t-il dans un défi. Soudain, un sifflet retentit. Juste le temps pour la dizaine de Blacks postés non loin de s’évaporer. Une patrouille de police passe.
Sur les 92 personnes arrêtées, 89 ont retrouvé la liberté presque aussitôt. Trois ont été gardées pour séjour illégal en Suisse. «Nous continuerons de dealer tant qu’il n’y aura pas d’autre occupation», conclut le trafiquant.
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