Les esclaves blancs en Afrique du Nord

Si la pratique de l’esclavage remonte aux temps préhistoriques, l’esclavage n’a pas été que d’une seule couleur.

À l’heure où commençait à se développer la traite atlantique, la Méditerranée connut l’apogée d’une autre sorte d’esclavage : celle des chrétiens asservis en Afrique du Nord et au Levant.

 

Si des recherches importantes ont été faites pour évaluer aussi exactement que possible le nombre de Noirs emmenés à travers l’Atlantique, il est beaucoup plus difficile de connaître l’ampleur de l’esclavage blanc chrétien dans les pays barbaresques.

Les historiens ne disposent que de données partielles, d’époques différentes : un million et 1.250.000 le nombre d’esclaves blancs détenus, entre 1530 et 1780, sur un territoire s’étendant de l’Algérie à la Libye actuelles.

Vers 1675, les esclaves chrétiens formaient le quart de la population d’Alger.

Les causes de l’esclavage des chrétiens :

- La Reconquista : le désir de la part des musulmans, de prendre une revanche sur les croisades.

- L’appât du gain : la valeur des esclaves pouvait représenter entre 20 et 100 % de celle des autres prises, navire et marchandises inclus

Ces opérations étaient menées par les États barbaresques jusqu’à l’intérieur des terres ennemies pour se procurer des esclaves.

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Les routes principales permettant l’acheminement des esclaves blancs étaient : la France, l’Espagne, la Crimée et la Méditerranée.Non seulement, les barbaresques capturaient les esclaves, à terre et en mer, mais ils se chargeaient aussi de les transporter et de les vendre.

90 % au moins de ces esclaves blancs étaient des hommes.

Certains furent rendus à leurs familles contre une rançon, d’autres furent utilisés pour le travail forcé en Afrique du Nord, et les moins chanceux moururent à la tâche comme esclaves sur les galères.

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Sources : débarquement des esclaves à Alger ( extrait de l’édition hollandaise de l’Histoire de la Barbarie et de ses corsaires, de Pierre Dan, Amsterdam, 1684)

 

L’arrivée d’esclaves, en Afrique du Nord, était un signe de prospérité et une occasion de fierté civique pour les habitants de la ville.

 

La tradition était de faire défiler les chrétiens récemment capturés, nus, dans les rues, à coups de cordes à noeuds, insultés pour le plaisir de la population.

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Sources : esclaves enchaînés ( extrait de l’édition hollandaise de l’Histoire de la Barbarie et de ses corsaires, de Pierre Dan, Amsterdam, 1684)

Les enfants, en particulier, suivaient le pas traînant des esclaves, les humiliant haut et fort en leur jetant des d’ordures.

Ensuite, ils étaient conduits chez le barbier rasés de force, crâne et barbe, de la façon la plus brutale.

Un proverbe barbaresque disait ” qu’un homme vif et supérieur, trop malin pour qu’on lui impose quoi que ce soit, était un homme avec une barbe.”

Ainsi, ceux qui n’avaient plus ni barbe, ni cheveux, n’étaient plus tout à fait des hommes!

La plupart des captifs se montraient déterminés à ne plus jamais se faire couper les cheveux, jusqu’à avoir l’air d’épaves humaines en haillons, couverts de poux, avec des barbes qui “leur descendait jusqu’à la taille.”

Ceux-ci, presque toujours des hommes devenaient propriété du gouvernement (esclave publics) plutôt que propriété privée (esclaves privés)

Dans toutes les régences barbaresques, la coutume voulait que le pacha (diwan) en place pût faire son choix. Il recevait un certain pourcentage d’esclaves (penjic) comme une forme d’impôt sur le revenu (1 pour 8, 10)

Son premier choix allait en général à des hommes pouvant intégrer sa flotte, les marins confirmés, les commandants ou capitaines, les charpentiers, étaient envoyés au port ou à l’arsenal public.

Les esclaves chrétiens étaient également très appréciés comme serviteurs, médecins, secrétaires particuliers, chef de cuisine.

 

Pour l’essentiel, les autres hommes choisis par le pacha était destinés à ses galères et rejoignaient les autres captifs détenus dans les bagnes publics où généralement “un anneau de fer était attaché à l’une de leurs chevilles” (…)

 

 

LA VENTE AUX ESCLAVES

Les captifs restants étaient emmenés au marché aux esclaves, connu à Alger et Tripoli sous le nom de “batistan”

Humiliation suprême pour un très grand nombre d’entre eux.

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Sources : esclaves conduits au batistan à Alger ( extrait de l’édition hollandaise de l’Histoire de la Barbarie et de ses corsaires, de Pierre Dan, Amsterdam, 1684)

Lorsque les trentes ou quarantes esclaves nécessaires, pour engager une vente, avaient été assemblés, ils étaient menés au marché, remis à des courtiers.

 

Pendant ces tours de marché, les marchands d’esclaves tentaient d’obtenir de leurs captifs un maximum d’informations personnelles. Ils étaient capables, à l’instar des marchands d’animaux, d’en savoir beaucoup rien qu’à la vue et au toucher.

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Sources : la vente  des esclaves à Alger ( extrait de l’édition hollandaise de l’Histoire de la Barbarie et de ses corsaires, de Pierre Dan, Amsterdam, 1684)

Il y avait toute une hiérarchie au sein de la masse des esclaves chrétiens :

- Les gens de qualité :

Les prisonniers pour lesquels on pouvait espérer et exiger une très forte rançon avac la quasi certitude de l’obtenir.

Les musulmans leur épargnaient les travaux pénibles, le port de l’anneau “marque infamante de la servitude,” Souvent ils étaient autorisés en attendant leur libération, de prendre pension chez quelques riches marchands de la ville.

- Les gens de travail :

Les prisonniers jugés de trop peu d’importance pour jouir de tels privilèges et traités comme d’authentiques esclaves.

Les esclaves pouvaient être mis à nu, au bon vouloir de ces maquignons, qui refusaient d’acheter les hommes dont les infirmités physiques risquaient d’entamer la capacité physique de travail, appréciés en fonction de leur âge et de leur force.

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Sources : l’examen des esclaves au batistan ( extrait de l’édition hollandaise de l’Histoire de la Barbarie et de ses corsaires, de Pierre Dan, Amsterdam, 1684)

Les hommes étaient obligés de marcher, de sautiller à coups de bâton. Leurs dents étaient examinés pour connaître leur âge, mais pour voir s’ils parviendraient à ronger le biscuit dur de la viande de boeuf séchée servi sur les galères.

Les acheteurs qui espéraient faire un profit rapide avec une forte rançon examinaient les lobes d’oreilles pour repérer des marques de piercing, ce qui était une indication de richesse ainsi que les paumes de mains pour juger de la délicatesse de la peau s’ils étaient “gens de travail” ou “gens de bonne famille”

Se convertir à l’islam était une manière d’alléger le poids de l’esclavage, d’exempter un homme du service dans les galères, des ouvrages pénibles, et de quelques autres brimades indignes d’un fils du Prophète, mais ne le faisait pas sortir de la condition d’esclave.

Sources :

  • Esclaves chrétiens, maîtres musulmans, Robert C.DAVIS.

  • Histoire de l’esclavage. Yves VERBEEK

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Published in:Anti-racisme, Afrique |on janvier 16th, 2010 |

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