Immigration Sud-Nord : invasion planifiée

L’immigration en provenance du Maghreb pourrait aider l’UE à remédier à ses problèmes de main d’oeuvre.

Le Maghreb pourrait aider à renforcer une main d’oeuvre européenne en déclin, selon les participants à un colloque organisé mardi 5 janvier à Tunis.

La population de l’Union européenne est vieillissante et ses pays devraient perdre quelque 66 millions de travailleurs à l’avenir, selon les auteurs de deux rapports de la Banque mondiale intitulés “Préparer l’avenir : Une perspective à long terme de la mobilité des personnes et des emplois pour le Moyen Orient et l’Afrique du Nord” et “Défis des migrations de main d’oeuvre en Afrique du Nord”.

La situation appelle une politique de réconciliation entre l’Union européenne et les pays du Sud qui souffrent de taux de chômage élevés, selon les intervenants à ce colloque organisé par la Banque mondiale et le ministère tunisien de l’Emploi.

Les chercheurs de la Banque “ont suivi l’évolution des migrations, prenant en compte les changements démographiques dans tous les pays du monde, notamment en Europe et dans la région Moyen Orient et Afrique du Nord (MENA)”, selon le représentant de la Banque en Tunisie, Ndiamé Diop.

D’ici 2050, “il y aura deux retraités pour un seul actif en Europe”, a expliqué l’un des auteurs de ce rapport, Leila Zlaoui. Elle a ajouté que l’Europe “a besoin des migrants” pour maintenir sa croissance économique et combler le fossé de main d’oeuvre créé par les départs en retraite de ses actifs.

Le premier rapport conclut que les migrations organisées ne sont pas la solution la plus efficace au problème du chômage dans la région MENA, qui a besoin de créer quatre millions d’emplois chaque année. Ce problème appelle plutôt des réformes dans les politiques nationales et les institutions publiques, pour promouvoir la croissance et la création d’emplois.

La Banque mondiale prévoit que d’ici 2050, les régions plus pauvres disposeront de 570 millions de travailleurs supplémentaires. Ces régions sont l’Afrique subsaharienne, suivie de l’Asie du Sud et de la MENA, qui pourra offrir 44 millions de travailleurs.

La demande de qualifications moyennes et relativement faibles augmentera, un besoin qui pourra être comblé par les immigrants ayant achevé leur formation professionnelle ou leur enseignement supérieur et qui maîtriseront la langue de leur pays de destination, selon les chercheurs de la Banque.

Le second rapport affirme que la région MENA est actuellement en tête des autres régions du monde en termes d’expatriés qui envoient de l’argent dans leurs pays d’origine. L’Egypte arrive en tête de ces pays de la MENA avec près de 5,9 milliards de dollars d’envois, suivie par le Maroc avec 5,7 milliards, l’Algérie avec 2,9 milliards, et la Tunisie, avec 1,7 milliard.

Les chercheurs concluent également que les pays d’Afrique du Nord fournissent des immigrants qualifiés ayant des compétences relativement peu spécialisées, bien que certains disposent de qualification élevées.

Ces rapports ont des implications pour le Maghreb en général, et la Tunisie en particulier.

“La Tunisie est le seul pays d’Afrique du Nord à avoir signé un accord avec la France pour un traitement de l’immigration en consultation, relatif à la formation professionnelle des jeunes et à la promotion de l’immigration légale”, a déclaré le ministre de l’Emploi Slim Tletli lors de son propos liminaire.

Le taux de chômage officiel en Tunisie s’établit déjà à près de 14 pour cent, et selon M. Tletli, “les offres d’emplois supplémentaires… chuteront d’ici 2025″.

Alors même que les discussions sur la coopération Nord-Sud se poursuivent, des pays comme la Tunisie s’efforcent de résoudre les problèmes du chômage de leur propre chef. Lors d’une réunion avec le Premier ministre Mohamed Ghannouchi mardi, le Président Zine El Abidine Ben Ali a souhaité la mise en oeuvre d’une politique proactive en matière d’emploi et d’intégration des jeunes dans la main d’oeuvre.

Selon des sources officielles, sur une période de onze mois en 2009, l’Agence tunisienne de promotion de l’investissement étranger a généré quelque 13 600 emplois. Mais le nombre de diplômés de l’université atteint les 80 000 chaque année.

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Published in:immigration |on janvier 19th, 2010 |

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