Un article exclusif de Pierre-André Taguieff (directeur de recherche au CNRS, Centre de recherches politiques de Sciences Po, Paris).
La grande question anthropologique aujourd’hui est de comprendre les conséquences culturelles de la globalisation, ce qui implique de se forger les outils conceptuels requis pour les analyser dans leur spécificité. On sait que la globalisation constitue un processus planétaire complexe dont la première caractéristique est d’accélérer les échanges, les transferts et les mélanges, et, partant, d’ébranler les identités collectives substantielles, de les rendre instables et provisoires, alimentant incertitudes et craintes dans les masses territorialisées, et suscitant au contraire de l’espoir dans le monde des élites transnationales. La globalisation donne de la vitesse à des processus qui étaient déjà constitutifs de la modernité : contacts et échanges entre civilisations ou cultures, rencontres et emprunts réciproques, communication et interaction entre formes sociales et culturelles.
Read the rest of this entry »